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Le 01/12/2008 à 23:07Jazz

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Quand on aime le jazz passionnément, on ne peut se contenter de l'écouter seul chez soi...

Archie Shepp (saxophone ténor) en concert

Dès qu'on en a la possibilité et les moyens, on court voir et écouter du jazz live, du jazz vivant. Tout est bon à prendre, concerts, festivals, clubs de jazz. Un concert, c'est un grand jazzman généralement américain, avec son ensemble, faisant une tournée européenne. Il y a les spectateurs des premiers rangs qui viennent pour être vus, et les autres plutôt en fond de salle qui viennent manifester leur enthousiasme.

Le concert le plus extraordinaire auquel j'ai assité fut donné à Paris en 1961, par John Coltrane, musicien d'avant-garde à l'époque. Ce fut le délire, quoique... une partie de la salle était venue pour le siffler et le huer et il y eut quelques insultes qui volèrent contre les perturbateurs.

Bien des années plus tard, j'ai assisté au triste spectacle de Chet Baker, dont on ne savait s'il était en manque ou complètement shooté. Le plus navrant des concerts : Jackie McLean jouant dans une Maison de la Culture strasbourgeoise devant quelques dizaines de spectateurs - les concerts y marchaient par abonnement, 1 soirée jazz, 1 soirée flamenco, 1 soirée théâtre etc... et aucune publicité n'avait été faite. Il a joué comme s'il y avait 2000 spectateurs pour l'applaudir.

Ecoutez Jackie McLean interpréter Blues Inn

Il y a les festivals, on choisit sa soirée et c'est le bonheur. Souvent en 1ère partie ils font du remplissage avec des musiciens qui n'ont droit qu'à des applausissements polis, parce que tout le monde attend la 2ème partie, l'entrée en scène de celui ou celle que tous sont venus voir et entendre.

Mais le vrai paradis du jazz, ce sont les clubs, les bars, les boîtes, souvent en sous-sol - il faut descendre à la cave, c'est là que les musiciens viennent s'éclater, qu'ils viennent jouer comme on ne peut les entendre sur aucun disque. C'est le lieu de tous les risques, devant un public enthousiaste acquis d'avance. Il y a 50 places assises et 150 places debout, on est serré comme des sardines, on peut se retrouver à 1m du saxo, derrière la batterie, à côté du piano. On prend la musique autant par les tripes que par les oreilles, la salle ondule comme une mer, à la fin des morceaux on applaudit en criant, pour se libérer, à force d'avoir retenu son souffle. Soirées inoubliables au Cygne, à la Villa, au Domicil, avec Kenny Drew Jr., Siegfried Kessler, Archie Shepp, James Williams et d'autres... Nuits d'après-concert dans le caveau du Festival de Munster, où les musiciens sont invités à souper, où des stars mondiales continuent de jouer entre 2 plats avec des musiciens amateurs locaux... Quand on en sort, on marche sur les étoiles. Le jazz n'est-il pas né dans la nuit des caves, des tripots et des bordels ? Il en restera toujours quelque chose.

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Commentaire (1)

1. Marie le 01/01/2009 à 23:13

Lien vers le site web de Marie
Bonjour Jean
Un moment de bonheur en jazz, voilà qui se quitte difficilement, et après quelques pas sur les étoiles un vide s'installe qu'il faut vite combler pour ne pas garder ce sentiment d'être sur un quai silencieux hélas.

Cet article réveille beaucoup de choses, sans doute, alors en trois clics je suis arrivée sur une vidéo, puis une autre, un Ténor comme aucun autre, et pourtant...J'ai les oreilles et l'esprit en voyage, sur quelques notes, c'est extraordinaire.

Bonne et belle année en site, en musique, magique et paisible.

Marie
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